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lundi 10 janvier 2011

To club or not to club?

Testé la semaine dernière : le Full Moon.... à deux, avec un amant complice...
déjà testé à Paris : le Cupidon (avec un couple), le Château des Lys (avec un comparse), le Moon (2 ou 3 fois, avec un compagnon à chaque fois), le No Comment (en trouple de libertins, voir ici.

 
Ma conclusion : je crois que je n'aime pas les clubs... ou plus exactement

j'aime le fait que les clubs soient plus équipés que chez moi,
je n'aime pas les alcôves sales

j'aime m'exhiber
je n'aime pas les vieux mateurs

j'aime regarder
je n'aime pas les regards qui jugent

j'aime entendre ces bruits du sexe si excitants
je n'aime pas entendre les gens qui parlent au bar

j'aime porter des tenues sexy
je n'aime pas avoir l'impression d'être rue Saint Denis

j'aime être l'offre
je n'aime pas la façon dont la demande s'exprime

j'aime me livrer à des inconnus
je n'aime pas me livrer à n'importe qui

j'aime le désir dans les yeux que je crois
je n'aime pas la concupiscence malsaine qui s'exprime souvent



j'aime être libertine
je n'aime pas les lieux de libertins.....

des suggestions pour me faire changer d'avis?

dimanche 8 août 2010

Etrange soirée...

"Vous me gardez votre samedi soir ? Très envie d'explorer avec vous un certain lieu de débauche... "

Le moyen de dire non à pareille invitation?
C'est donc tout pomponnée - robe rouge ne permettant l'ajout d'aucun sous-vêtement, escarpins - que je rejoins mon acolyte devant la Comédie Française... ce soir, nous baisons aux Chandelles, seul club libertin connu de tout Paris... le lieu, paraît-il, est splendide, mais l'entrée jalousement gardée...
Qu'importe, pensons-nous, nous sommes beaux et bien mis (!), et en plein mois d'août, la concurrence ne sera pas si rude....
Queue nenni, un espèce de monsieur Propre, le cuir chevelu bien poli, mais pas les manières, nous informe que "Valérie ne souhaite pas nous recevoir", après s'être soit-disant concerté avec Valérie, maîtresse des lieux...

Que faire? La nuit est encore jeune, et Paris est belle, ses rues glossées par la pluie, parées de tous leurs feux....
Un couple nous croise, lui vieux beau, elle pute russe en micro jupe et talons extravagants... ah, c'est de ce look-là qu'ils parlaient sur le site des Chandelles, en disant qu'il fallait être belle, élégante et sexy.... C'est fou combien les "libertins" peuvent être finalement tout aussi sectaires que les autres...

Taxi dans les rues de Paris, direction le no comment... et là... ce n'est pas possible non plus... mais parce que c'est soirée plage ! et quoi d'autre? concours Tshirt mouillé? soirée Mousse? seriously !

Enfin, la morale de l'histoire, c'est que C* devra apprendre à lire... cette soirée étant annoncée sur le site du No Comment. Belle coïncidence, je lui ai trouvé une grammaire d'un genre un peu particulier : Grammaire Erotique, Liaisons dangereuses entre les plaisirs de la chair et les plaisirs de la langue de Jacques Ouimetamp & Nicole Claveloux aux Éditions de la Musardine.
De la lecture pour les nuits d'insomnies...













La nuit s'annonce étrange... mieux vaut en rire que s'en énerver... si j'avais voulu du sexe compliqué et "prise de tête", je serai en couple...

Troisième et dernière halte - où nous ferons mentir le proverbe selon lequel jamais deux sans trois - le Château des Lys...

Dans le taxi qui nous y emporte, la main de C* glisse le long de mes cuisses, caresse ma toison, taquine d'un doigt coquin mon clitoris et mon sexe déjà mouillés d'anticipation.... il faudra que je trouve un jour un trajet plus long et un conducteur coquin....
Que j'aime savoir qu'à n'importe quel moment, un doigt inquisiteur pourra sans obstacle venir me fouiller, me provoquer, m'agacer, m'allumer avant de se retirer, me laissant furieusement sur ma faim, mais confiante d'un assouvissement prochain...

Étrange bâtisse, derrière la Mairie du 18e, maison particulière au milieu des immeubles, dotée d'une étrange tour... étrange aussi l'accueil qui nous est fait : "la maison ferme à 2h exceptionnellement, en raison de travaux" ... ils font travailler des ouvriers la nuit, alors que le lieu est fermé tout le jour??

J'avoue, plutôt agréable surprise à l'intérieur... non, je ne parle pas de la clientèle, le dress code ici fait plus penser à la rue Saint Denis qu'à quelque chose de chic et sexy, ni de la déco du bar.... on est tombés au Macumba de Palavas-les-Flots
à force de le citer, j'ai fini par le chercher et Dieu Google me confirme qu'il existe... http://www.geckogo.com/Guide/France/Languedoc-Roussillon/Palavas-les-Flots/Explore/Nightlife/

Non, la bonne surprise vient de l'étage supérieur: assez petit, mais avec de nombreux recoins où se cacher et de podiums où se montrer...
Entresol faussement "privé" pour une alcôve séparée de la pièce par des rideaux de fils, mais encadrée de miroirs - quel alléchant 69 ...
Ambiance temple antique pour un grand matelas rond entouré de colonnes (je ne me souviens plus si elles sont ioniques, doriques, ou corinthiennes, je ferai plus attention la fois prochaine) sur lequel des corps s'entremêlent, s'entrelacent, s'entresucent et s'entrepénètrent - assise sur lui, dépoitraillée, ses doigts me fouillant au rythme des corps que nous regardons tous les deux, puis le prenant en bouche, debout, les jambes tendues, les fesses (déc)ouvertes....
Boudoir cocotte ailleurs - assise sur un matelas, la jambe relevée contre un mur, sa langue et ses doigts me tirant des exclamations de plaisir .....
Recoin "voyeur" pour une pièce aux murs et plafond miroir, séparée du passage par un mur percé de 2 fenêtres - se faire prendre en levrette, la robe relevée sur le fesses, agrippée au mur, les seins libres...

A tester une prochaine fois : le sous-sol d'inspiration "donjon", découvert sur la vidéo de leur site internet....

Moi qui me savait plutôt exhib, je me découvre voyeuse aussi....

lundi 2 août 2010

Séléné en Orient ou de la face cachée de la Lune....

Retrouvailles avec C* mon complice...

Plus qu'un amant de passage, le terme de complice me semble le qualifier parfaitement ... "Qui a part au délit ou au crime commis par un autre" nous dit le dictionnaire .... de crime ou de délit, nous n'en avons point commis, si ce n'est à l'encontre de la morale médiocre et des carcans et règles imposés par la majorité sans imagination ni liberté... Rencontré à ce moment de ma vie où les rencontres sans lendemain commençaient à me décevoir, il m'a présenté un monde de libertinage tel que je l'imaginais, le souhaitais, n'osais l'espérer; libertinage des corps, mais aussi des esprits, butinage amoureux et littéraire, curiosité de la chair et de l'esprit... je m'arrête là, il risquerait de devenir orgueilleux... :)

Retour de vacances et retour au Moon City. C* m'y avait déjà entraîné la veille de notre soirée à l'Opéra, pour "nous faire les jambes", et pour moi, goûter aux premiers emois de l'amour pluriel...
Déjeuner et conversation légers au soleil, pétillement dans ses yeux lorsque je lui dévoile au détour d'une phrase que je suis nue sous mes vêtements, plaisir de se sentir désirée... il n'est pas encore blasé, heureusement...

Scènes étranges aujourd'hui :
un couple étrangement assorti d'un cinqua et d'une jeune noire qui semble l'apeller "papa" et qui ont joué les "mdf" en différents lieux, calins à 6 de trois couples de sexagénaires (non, nous n'étions pas au sauna d'une maison de retraite) dans le jacuzzi...

Scènes érotiques aussi :
tendre 69 de retrouvailles - que j'aime sentir la peau si douce de ton gland sur ma langue -
frissonnante levrette, ton sexe en moi, ton doigt entre mes deux 'lunes', dans une pièce miroitante, tout en admirant le beau spectacle d'un duo, puis d'un quatuor se donnant mutuellement du plaisir,
intense plaisir lorsqu'un 2e couple nous rejoint, elle à la blanche croupe imposante, lui virtuose linguiste, qui m'a fait trembler de plaisir pendant qu'il me léchait...
complicité de nos regards, lorsque tu la prend en levrette tout en serrant ma main...


Séléné et Endymion, Ubaldo GANDOLFI, circa 1770

dimanche 1 août 2010

Le syndrome de Stockholm

Selon Wiki, "Le syndrome de Stockholm désigne la propension des otages partageant longtemps la vie de leurs geôliers à développer une empathie, voire une sympathie, ou une contagion émotionnelle avec ces derniers. Inversement, le syndrome peut s'appliquer aux ravisseurs, qui peuvent être influencés par le point de vue de l'otage. On parle dans ce cas du syndrome de Lima."

J'ai été enlevée hier soir... et je crois bien que nous avons fait un tour du monde de Stockholm à Lima...

Jardins du Palais Royal, 22h30. L'un des plus beaux lieux de Paris, avec ses éclairages élégants, et des guitares andalouses qui résonnent sous les arcades... quel meilleur moyen de reprendre pied avec la nuit parisienne, après une semaine de coupure radicale au milieu des champs?

G* et V* m'attendent, main dans la main, élégants, tout de noir vêtus...

Me voilà donc "enlevée" par eux pour une soirée pleine de surprises....

On aimerait s'installer sur les bancs du jardin, mais il est trop tard (note for self : set an earlier meeting hour, for next time...) le jardin ferme... Nous déambulons dans les rues, jusqu'à tomber, par hasard (vraiment?), dans une petite rue, sur une porte noire, encadrée de deux lanternes rouges et la mention "le Cupidon"... quelle flèche a donc piqué G* ?

La lanterne rouge est un symbole bien connu, mais pourquoi le retrouve-t-on à la fois en devanture des restaurants de sushis et des lieux de plaisir? l'excellent historien Michel Pastoureau, spécialiste de l'histoire des couleurs, nous dit ici

"(...) le jour du mariage, on revêt son plus beau vêtement et (...) une robe belle et riche est forcément rouge (c'est dans cette couleur que les teinturiers sont les plus performants). Dans ce domaine-là, on retrouve notre ambivalence : longtemps, les prostituées ont eu l'obligation de porter une pièce de vêtement rouge, pour que, dans la rue, les choses soient bien claires (pour la même raison, on mettra une lanterne rouge à la porte des maisons closes). Le rouge décrit les deux versants de l'amour : le divin et le péché de chair. "

Je suis curieuse... c'est la première fois que je mets les pieds dans un club libertin. Les explorations virtuelles que j'en ai fait sur le Net ne me donnaient pas très envie. Non pas par pudeur mal placée, mais plutôt à la fois en raison du public que je craignait d'y trouver (cinqua ou plus, vulgaire, monsieur ayant réussi à persuader madame, mais se rinçant les yeux ailleurs...) que pour la déco / musique qui semble typique de ce genre d'endroit (tubes remixés techno, éclairage de mariage provinciaux, oeuvres d'art très explicites et peu suggestives aux murs....). Mais en telle compagnie, si préoccupée de mon bien être et de mon plaisir, je sais que je n'ai rien à craindre et tout à découvrir.

Au moins, j'ai le bon dress code: tout en rouge du bout des ongles (vernis) au bout des escarpins (vernis), de la robe à la lingerie en dentelle rouge jusqu'aux lèvres. Ainsi, je suis assortie à la décoration du lieu, mais je ne compte pas faire tapisserie non plus....
Escalier étroit pour descendre au sous-sol (je ne comprends pas : les femmes doivent être en talons, et les clubs ont des escaliers étroits et peu pratiques??), chaise de gynécologie dans un recoin à droite, cave voûtée à gauche. La déco comme la musique sont telles qu'attendues : kitch ! Au moins, c'est un bon sujet d'amusement : G* m'explique très doctement que cela fait partie du folklore de ce type de lieu.

Autour de nous, une femme avec ses deux hommes, la main sagement posée sur les cuisses de ses partenaires, en face de nous, un homme, seul, qui nous regarde avec envie (enfin, j'imagine ;)), un autre couple à notre droite... rien de très tentant...

V* me fait donc faire la visite des lieux... quelques alcôves ambiance orientalo-africaines, une croix de Saint André "C'est rare de trouver dans les clubs une croix de Saint André qui fonctionne". Je frissonne... ça sera pour la prochaine fois peut être. Dans un coin, une "boite à trous" : on dirait un paravent de prestidigitateur... V* se cache à l'intérieur et G* nous rejoint.... Collé contre le paravent, il se fait déguster par sa chère et tendre, tout en m'embrassant.... Nous repartons à la découverte de nos corps, sa bouche, ma langue, nos mains.... Pourquoi donc la musique, si forte, ne permet pas d'entendre plutôt la musique des corps, le froissement des vêtements,  les soupirs, les bruits humides de la fellation, les mots du désir...

V* ressort de la boite magique, un sourire aux lèvres, et tous les deux me font découvrir la pièce qui a conditionné leur choix : un petite pièce fermée d'une porte, mais ouverte d'une fenêtre qui fut un jour miroir sans tain, me dit G*... peut être que les regards concupiscents ont fini par transformer le miroir en verre, par une mystérieuse alchimie...?

Porte refermée, le ballet des corps reprend de plus belle : après 1 semaine d'abstinence, quel plaisir de retrouver dans ma bouche une belle queue, de sentir sur moi des lèvres, des mains me caresser... quelle excitation aussi de voir G* pénétrer V*.... de lécher sur son sexe l'excitation de sa belle... pour le voir replonger de plus belle dans sa chair si blanche.... de faire quelques timides premières caresses à V*
Petit aparté : assister à ce moment d'intimité et d'érotisme était fabuleux et m'a conforté dans mon "appréciation" des films de cul. Ceux-ci réussissent à rendre totalement inintéressant un moment absolument magique : voir le gland s'enfoncer dans le sexe de sa partenaire, ressortir brillant d'excitation, voir les chairs frissonner de plaisir... ce qui est si beau en vrai semble si vulgaire (du latin vulgus, la foule, la masse, la généralité, le commun...)
Deux femmes sur le dos, le sexe offert, rieuses, qui voient du coin de l'oeil les voyeurs essayer de forcer la porte... le "pauvre" G* qui doit se décider à prendre l'une ou l'autre.... son sexe enfin en moi... caresses à 4 mains sur son corps.... jouissance....

La rançon n'ayant pas été payée (sic!) nous voilà dans un taxi direction le 19e arrondissement... Que Paris est belle la nuit, parée de lumière.... clin d'oeil à C*, mon "initiateur" de libertinage, en passant devant l'Opéra Garnier... conversation totalement mondaine autour des livres lus récemment, du temps qu'il fera à Nantes - il y pleut, selon Barbara, mais pas selon Météo France - arrivée chez G*.
Ce qui m'étonne et me ravit le plus chez ces personnes que m'a présenté C*, c'est ce mélange absolument détonnant, pour moi en tout cas, de sensualité, de culture, et d'humour... Je ne m'y attendais pas, même si c'est exactement ce que j'espérai... quelle chance j'ai d'être si bien entourée....
Tiens, bruit de sonnette à minuit... un troisième ravisseur se présente et la conversation repart de plus belle sur les lieux de balade et de sortie à Berlin... puis, sans transition, comme on dit, les langues se délient et les mots disparaissent : on m'a toujours appris à ne pas parler la bouche pleine ! deux couples qui se caressent, baisent, s'embrassent, lèchent, sucent, côte à côte sur un grand lit... plaisir de la chair et plaisir des yeux... que V* est belle, sa peau si blanche, ses seins lourds, son corps tout en courbes... plaisir de la conversation aussi entre deux assauts et trois caresses.... 

4heures du matin... que le temps passe vite en bonne compagnie ! jamais voyage de Stockholm à Lima n'a dû paraître si court...

Merci à vous 3....
Petit mot spécial à l'attention de V* : je te parlais des Bijoux de Baudelaire, et en relisant ce poème, je ne peux m'empêcher de penser à toi... à bientôt...

La très-chère était nue, et, connaissant mon cœur,
Elle n'avait gardé que ses bijoux sonores,
Dont le riche attirail lui donnait l'air vainqueur
Qu'ont dans leurs jours heureux les esclaves des Mores.


Quand il jette en dansant son bruit vif et moqueur,
Ce monde rayonnant de métal et de pierre
Me ravit en extase, et j'aime à la fureur
Les choses où le son se mêle à la lumière.

Elle était donc couchée et se laissait aimer,
Et du haut du divan elle souriait d'aise
À mon amour profond et doux comme la mer,
Qui vers elle montait comme vers sa falaise.


Les yeux fixés sur moi comme un tigre dompté,
D'un air vague et rêveur elle essayait des poses,
Et la candeur unie à la lubricité
Donnait un charme neuf à ses métamorphoses ;

Et son bras et sa jambe, et sa cuisse et ses reins,
Polis comme de l'huile, onduleux comme un cygne,
Passaient devant mes yeux clairvoyants et sereins ;
Et son ventre et ses seins, ces grappes de ma vigne,


S'avançaient, plus câlins que les Anges du mal,
Pour troubler le repos où mon âme était mise,
Et pour la déranger du rocher de cristal
Où, calme et solitaire, elle s'était assise.


Je croyais voir unis par un nouveau dessin
Les hanches de l'Antiope au buste d'un imberbe,
Tant sa taille faisait ressortir son bassin.
Sur ce teint fauve et brun le fard était superbe !


– Et la lampe s'étant résignée à mourir,
Comme le foyer seul illuminait la chambre,
Chaque fois qu'il poussait un flamboyant soupir,
Il inondait de sang cette peau couleur d'ambre !


Charles Baudelaire, Les Fleurs du Mal